Entretien (6) Jean-Marie Le Pen : déferlante migratoire et naufrage spirituel…

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(…) « Un taux excessif d’étrangers rend la société déstabilisée et la met en danger. Parce que les peuples envahissants ne sont pas forcément bienveillants et tendres. » Nous confronterons-nous au dilemme du plus grand nombre ? Jean-Marie Le Pen dit avertir depuis des années les gens du monde, compatissant d’une misère profonde, qu’il ne fait pourtant pas sienne : « Mon problème à moi, c’est de défendre les Français », martèle-t-il. Quand un étranger entre sur le territoire sans y être invité, il n’a, selon lui, droit à rien : ni logement, ni travail, ni école, ni hôpital, ni aide sociale. « Nos lois sociales sont déjà en elles-mêmes ruineuses. »

De temps en temps, le patriarche imagine un film catastrophe. Le dernier commence à Mantes-la-jolie. « Un accrochage entre la police et les arabes, 3 policiers tués, 10 arabes tués. Trois jours après, 200 000 personnes sur les Champs-Elysées qui descendent des banlieues. Barrages de CRS, de gendarmes… Ils prennent l’Elysée. Le Président ne mourra qu’au trentième amant (rires). Ils continuent à avancer vers la Concorde, mais on a réussi à attraper de justesse une compagnie du 2REP qui est sur cette place et à qui on a demandé de ne laisser passer personne. Ils mettent les mitrailleuses en batterie et quand la foule arrive, ils tirent. Les gens continuent d’avancer, c’est pas qu’ils le veulent, mais c’est que les 100 rangées poussent derrière. 1200 morts. Interpellation à l’ONU. La France est condamnée par 85% des voix et l’ONU décide d’envoyer 5 régiments de parachutistes musulmans égyptiens, marocains, tunisiens, algériens en France pour rétablir l’ordre. Voilà. C’est mon film catastrophe. Est-ce qu’il est invraisemblable ? »

« Je suis un ami de la religion catholique »

A 16 ans, Jean-Marie Le Pen est dégoûté par l’Eglise à cause d’une mauvaise blague. Un curé lui fait croire que sa mère est morte pour le pousser à quitter l’école en raison de son mauvais comportement. Depuis, il se considère comme « ami de la religion catholique » en assistant à certains offices, en entretenant des relations cordiales avec certains membres du clergé. Lorsqu’il rencontre Jean-Paul II, ce dernier lui prend la main et lui adresse un regard muet aux airs compatissants. « Ça voulait dire : continue vieux frère », se console-t-il. « Mais je ne suis pas un bon chrétien. Il y en a de moins en moins d’ailleurs. Quand elles ne sont pas remplacées par des mosquées, les églises sont détruites… C’est la fin du monde. Il y aura peut-être une renaissance, après tout ! Rien n’est perdu. Ou plutôt si, comme disait François Ier : tout est perdu, fors l’honneur ! »

Maud PROTAT-KOFFLER

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